Les Femmes de Sciences de Norske Skog Golbey témoignent sur leur parcours

Vous avez lu, le mois dernier, notre article sur le Sport au Féminin, et vous vous dites “mais dis-donc, il n’y en a que pour les femmes à Norske Skog Golbey !”. Rassurez-vous !! Nous pensons aussi aux hommes, mais que voulez-vous, nous ne choisissons pas les dates des Journées Internationales ! Or, aujourd’hui tombe la Journée Internationale des Femmes et Filles de Sciences.

Nous, qui sommes dans une entreprise très largement masculine, nous avons pleinement conscience de l’importance de casser les idées reçues et de montrer que les métiers, jadis réputés masculins, se sont féminisés. Et comment mieux le démontrer qu’en demandant à nos collègues féminines de témoigner !

3 d’entre elles ont accepté de répondre à mes questions sur leur parcours et leur vision du métier qu’elles exercent. J’espère que vous aurez autant de plaisir à les découvrir que j’en ai eu à échanger avec elles !

Amandine, instrumentation/automation process

Comment en es-tu arrivée à exercer ce métier ?

A l’école, j’aimais bien le côté scientifique, mais un Bac S me semblait trop théorique. Alors j’ai opté pour un Bac STL. J’ai poursuivi avec un DUT Génie chimique et Génie des procédés. C’est là que j’ai découvert les métiers liés à l’instrumentation. Cette matière m’a plu et j’ai décidé de me spécialiser au travers d’une Licence professionnelle Automatisation, instrumentation et conduite des procédés que j’ai suivie en alternance, ici à Norske Skog Golbey.

Pourquoi as-tu choisi ce métier ? 

En réalité, je suis tombée dessus par hasard, on n’apprend pas à l’école qu’il existe des métiers comme l’instrumentation !

Es-tu fière de ton métier ?

Je suis fière de faire un métier que peu de femmes exercent. En instrumentation, nous ne sommes pas nombreuses, pourtant le métier est passionnant !

A quel métier rêvais-tu lorsque tu étais petite ?

Je n’avais pas franchement d’idées précises mais j’aimais bien faire des expériences ou bricoler. Je jouais avec ma mallette “C’est pas sorcier”, pas vraiment des jeux de petite fille. Et puis je kiffais aller aux portes ouvertes de la fac de sciences car il y avait toujours des petites expériences à faire !

Est-ce que ton métier t’éclate ?

Oh oui, il y a deux aspects dans mon métier : ce que j’appelle la routine, c’est à dire s’arc-bouter sur un problème ou la panne et en sortir une immense satisfaction lorsque tu les résous ! Et la recherche de nouvelles technologies, de capteurs car la réflexion et l’analyse y est très intéressante.

Comme je suis quelqu’un de nature curieuse, plutôt persévérante et patiente, ce métier correspond parfaitement à ma personnalité. Il faut aussi savoir passer d’un truc à l’autre, savoir s’adapter rapidement à une situation ! En réalité, quand on travaille dans l’industrie et qu’on est une femme, on se dit qu’on n’y arrivera pas car on n’a pas la force des hommes. Mais au final, la mémorisation, la finesse d’analyse sont beaucoup plus nécessaires que la force !

Que dirais-tu aux jeunes filles qui hésitent à poursuivre leur parcours dans les sciences ?

Si tu aimes la science à l’école, ne t’interdit pas de faire un métier que tu crois masculin. Tous les métiers peuvent être exercés par une femme, il n’y a plus de métiers spécifiquement masculins ! Les métiers scientifiques et technologiques sont une source de grande satisfaction et de plaisir.

Virginie, technicienne de laboratoire

Comment en es-tu arrivée à exercer ce métier ?

A mon époque, il n’y avait pas de stage en troisième. Comme j’adorais tout ce qui était logique, j’ai fait un Bac C (Maths / Physique). Au lycée, personne n’a pu m’expliquer le métier d’ingénieur, sinon je pense que j’aurais fait des études d’ingénieur. Du coup, après mon Bac, je me suis dirigée vers des études qui me semblaient mener à du concret : le DUT Chimie ; la chimie étant ma matière préférée. Je n’ai découvert l’industrie qu’à la toute fin de mon parcours scolaire, lors d’un stage. Avant, j’en avais une image de travail à la chaîne, je n’avais pas conscience de tous les métiers qui existent dans une usine !

Pourquoi as-tu choisi ce métier ?

Parce que la Chimie était ma matière préférée à l’école.

Est-ce que les gens sont surpris lorsqu’ils apprennent ton métier ?

Le laboratoire a de plus en plus une connotation féminine, donc il n’y a plus vraiment d’étonnement lorsque je dis que je suis technicienne en laboratoire. Alors qu’il y a 25 ans, lorsque je suis arrivée ici, nous n’étions que 3 femmes. Aujourd’hui, il ne reste plus qu’un homme !

A quel métier rêvais-tu lorsque tu étais petite ?

J’habitais à la campagne, je n’avais pas beaucoup d’informations sur les métiers possibles, ça se limitait aux métiers autour de moi : médecin, infirmier, instit, boulanger… Donc comme toutes les autres petites filles, j’ai voulu être instit’, puis prof, par méconnaissance d’autres métiers possibles.

Est-ce que ton métier t’éclate ?

Oui je pense. C’est plein de challenges, on suit tous les indicateurs de l’usine : la station d’épuration, les pâtes (NDLR : à bois et papiers récupérés), le papier fini, les chaudières… Nous avons une vue globale de la performance industrielle et environnementale de l’usine, c’est hyper intéressant ! Comme je suis touche-à-touche, et que mes missions sont hypers variées, je dirais que le métier colle parfaitement à ma personnalité. C’est aussi une question d’affinités avec ma manager, elle me laisse beaucoup d’autonomie. C’est un tout qui fait que j’adore mon job !

Que dirais-tu aux jeunes filles qui hésitent à poursuivre leur parcours dans les sciences ?

Que le DUT Chimie peut mener à bien des métiers. On a souvent l’image des laborantins avec leurs blouses blanches. Mais si tu pousses la porte d’une usine, en l’occurrence la nôtre, tu pourras voir qu’il y a plein de métiers intéressants qui gravitent autour de l’analyse labo, comme l’amélioration des procédés, la qualité, l’environnement. Et ça, on ne l’apprend pas à l’école, du coup, on ne sait pas que ça existe. Et pourtant, ce sont des métiers aux tâches et missions variées et extrêmement intéressantes.

Florence, responsable Qualité et Procédés

Comment en es-tu arrivée à exercer ce métier ?

J’ai des parents qui sont plutôt tournés vers les sciences, et comme à l’école j’étais nulle en dictée et n’avais aucune inclination pour le français, je me suis dirigée vers les sciences. J’ai fait un Bac Scientifiques, puis Maths Sup-Maths spé, que j’ai redoublé. Et oui, ce n’est pas forcément facilement, mais le principal est de ne pas baisser les bras. Puis, j’ai intégré l’école des ingénieurs papetiers PAGORA, en alternance chez Norske Skog Golbey.

Pourquoi as-tu choisi ce métier ? 

J’aime comprendre les choses. Du coup, mon métier me permet d’essayer, de tâtonner, d’émettre des hypothèses, de les vérifier, de me planter, de persévérer pour enfin trouver ! En fait, je suis comme un magicien qui tente de nouvelles potions magiques !

Et puis, c’est tous les jours différents, tous les jours intéressants. J’ai beaucoup de plaisir à apprendre, à chercher en équipe, à partager et à apprendre aux autres. Du coup, je pense que mon métier correspond bien à ma personnalité.

Es-tu fière de ton métier ?

Bien sûr ! Ça peut parfois être difficile d’être une femme de sciences, mais je trouve que ça l’est de moins en moins ! Dans les entreprises techniques, technologiques ou scientifiques, la proportion de femmes reste infime, mais il y a moins de réticence que lorsque j’ai débuté ma carrière. Les mentalités ont évolué du côté des hommes. C’est maintenant à nous, les femmes, d’oser faire carrière dans des filières scientifiques ou technologiques.

A quel métier rêvais-tu lorsque tu étais petite ?

Ne me demande pas pourquoi, mais je voulais être cordonnière pour réparer des chaussures !

Est-ce que ton métier t’éclate ?

Oui complètement, l’une de mes collègues m’a dit récemment que ça se voyait que les essais process m’éclataient. C’est parfois difficile parce qu’il y a beaucoup de travail et beaucoup de choses auxquelles penser, mais je ne m’ennuie jamais ! Le papier est une matière vivante qui réagit. Donc j’apprends tous les jours. Et puis je retire énormément de plaisir à comprendre les choses et à les partager avec mes équipes.

Que dirais-tu aux jeunes filles qui hésitent à poursuivre leur parcours dans les sciences ?

Allez dans la direction qui vous plaît. N’allez pas vers un métier technique parce qu’il recrute, allez-y parce que ça vous fait kiffer ! Le travail prend tellement de temps dans une vie, que si tu ne t’y amuses pas, c’est dommage !

L’important c’est que chacun s’épanouisse dans la voie qu’il a choisie. Les femmes ne doivent pas se freiner, si elles ont envie de faire des études scientifiques, qu’elles suivent leurs envies et qu’elles ne soient pas apeurées par les métiers dits masculins. Les choses, les mentalités changent et évoluent.