

Empêcher un départ de feu de changer d’échelle
Une usine comme la nôtre est un ensemble : des installations qui fonctionnent en continu, des bâtiments plus ou moins proches les uns des autres, des ateliers reliés par des convoyeurs, des gaines, des chemins de câbles, des réseaux électriques.
Sans détection et sans intervention rapide, un incendie localisé peut se propager à une autre installation.
Toute notre organisation repose sur un élément : agir avant que le feu ne prenne de l’ampleur.
Plus de 1 080 détecteurs incendie surveillent nos bâtiments et nos équipements. Selon les zones, ils réagissent à la fumée, à la chaleur ou à une variation anormale.
Cette détection permet de donner l’alerte et, dans certains secteurs, de déclencher automatiquement un système d’extinction. Le moyen utilisé dépend du risque à protéger.
Un hall de stockage, un local électrique et une installation industrielle ne peuvent pas recevoir exactement la même réponse. Certains secteurs sont protégés par des sprinklers à eau. D’autres disposent de systèmes à gaz ou par brouillard d’eau, plus adaptés à la nature des équipements présents.
Deux silos à eau, prêts à être mobilisés
Le réseau incendie est alimenté par deux silos contenant chacun 1 700 m3 d’eau. Cette réserve permet d’approvisionner les sprinklers, les robinets d’incendie armés (RIA) et les poteaux répartis sur le site.
Le réseau est maillé. L’eau peut donc être dirigée vers les différentes zones de l’usine, tandis que des vannes permettent d’isoler une partie du circuit lors d’une maintenance ou d’un incident.
Ce système reste largement invisible au quotidien. C’est pourtant lui qui doit permettre de conserver du débit, d’alimenter les moyens d’extinction lorsqu’une intervention se prolonge ou concerne plusieurs secteurs.

Les premières minutes reposent aussi sur des salariés formés
Un système automatique peut détecter, alerter ou commencer à contenir un feu. Mais les premières minutes reposent également sur les personnes déjà présentes dans l’usine.
Nous formons chaque année des Equipiers de Seconde Intervention (ESI). Ils apprennent à évaluer une situation, à donner l’alerte, à choisir le moyen d’extinction adapté et à intervenir lorsque cela reste possible sans se mettre en danger.
Leur connaissance du terrain compte beaucoup. Ils savent où se trouvent les accès, les réseaux, les équipements sensibles et les moyens d’extinction. Leur objectif est de contenir le départ de feu, puis de préparer et de faciliter l’intervention des sapeurs-pompiers extérieurs.
Ils ne remplacent pas les secours publics. Ils permettent d’engager une première réponse avant leur arrivée.

Le dispositif incendie en chiffres
Ces chiffres donnent une idée de l’ampleur du dispositif. Ils ne suffisent pourtant pas à garantir son efficacité.
Un extincteur inaccessible, un RIA encombré, une porte coupe-feu bloquée, ou une anomalie non signalée peuvent faire perdre de précieuses minutes.
La lutte contre l’incendie commence bien avant le déclenchement de l’alarme : dans l’entretien des installations, le contrôle des équipements, l’encadrement des travaux par points chauds et la vigilance quotidiennes des personnes sur le terrain.
C’est moins spectaculaire qu’un camion de pompier ou un exercice Incendie. L’essentiel du travail consiste justement, à empêcher qu’il le devienne !
Dans une papeterie, le risque incendie ne pourra jamais être ramené à zéro. La matière que nous transformons brûle, les installations fonctionnent en continu et un départ de feu peut rapidement prendre une autre dimension.
Notre responsabilité est donc de ne jamais nous habituer à ce risque. Et de continuer à nous former, régulièrement, pour garder les mêmes réflexes et bonnes habitudes de travail.

